Fruits et légumes 2021 : Les pousses intérieures

 
Crédit photo : Ferme Alva Farm

Crédit photos : Ferme Alva Farm

 
 
 

Le printemps est à nos portes et il est déjà temps de mettre certains légumes en terre pour une saison productive! Bien que notre climat rende le sol peu accessible, rien ne nous empêche d'être prêt grâce à l’aide des semis intérieurs, ou plantules, que l’on trouve déjà chez certains de nos fermiers locaux.

Ce deuxième épisode sur les jeunes pousses s’inscrit dans une série de dix chapitres, réalisés à l’occasion de l’Année Internationale des fruits et légumes de l’ONU.

Ce mois-ci, nous parlons à Eva Rehak de la Ferme Alva, qui vend des semis à ses clients chaque année.

Elle nous parle notamment des astuces pour commencer, des matériaux utilisés, des temps de plantation, ainsi que des avantages et inconvénients des différentes méthodes.

 
 
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Semis: une affaire d’experts?

On pense souvent à tort que pour réussir ses semis il faut être expérimenté, ou disposer d’une serre et de multiples lumières de croissance. Et si dans certains cas, ces dernières sont nécessaires (surtout si vous voyez grand), la productrice de la Ferme Alva nous a affirmé que les semis peuvent aussi être une pratique abordable et adaptée au jardiniers amateurs.

Vous pouvez en effet vous passer de matériel en recyclant des items usagées que vous avez sous la main. « On peut [par exemple] utiliser des petits pots de yogourt qu’on à la maison [en guise de pot]… Ça fait l’affaire. »

Évidemment, il s’agit de choisir vos semis en fonction de votre degré d'expérience. Les novices par exemple privilégieront la laitue, qui nécessite très peu d’espace avant de s’attaquer directement au céleri rave.

 
 
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Quelques erreurs à éviter 

Eva Rehak nous indique tout d’abord que la terre choisie pour les semis est importante: « On recherche quand même un terreau riche en nutriments, il ne suffit pas de creuser son arrière-cour! »

En ce qui concerne l’arrosage, la productrice mentionne que l’erreur la plus fréquente en termes de semis reste de trop ou ne pas assez arroser. En effet, une graine et une pousse ne nécessitent pas le même arrosage.

« Il ne s’agit pas de prendre un verre d’eau puis d'arroser ça risquerait de noyer la semence. Il faut donc vaporiser à la surface, assez pour que la graine soit mouillée. [Pour les semis]D’ailleurs, il est important de toujours mouiller le sol en évitant d’arroser les feuilles car cela peut causer des maladies surtout pour les tomates, les piments, les aubergines, concombres aussi. »

Il est aussi important d’effectuer une rotation lors de la mise en terre et d'éviter de planter la même variété de légumes, par exemple, un concombre et une citrouille, deux années de suite au même endroit. « Si on met la même chose à la même place chaque année, les plantes risquent de manquer de nutriments », dit-elle.

Enfin, selon Eva la qualité des graines joue un rôle primordial dans le taux de réussite de nos pousses. Souvent le taux de germination est écrit sur le paquet, mentionne-t-elle. « Si le taux est de 98%, il ne devrait pas y avoir de problème. Mais si ce sont des graines qu’on a depuis déjà quelques années, mal entreposées, ou si c’est des semences qu’on reçoit de quelqu’un, il y a plus de chances qu’elles germent moins bien ».

Lisez le premier article de notre série ici, qui parle des astuces sur différents types de semences.

Une lumière naturelle ou artificielle?

Si vous êtes amateurs et que vous ne disposez que de très peu de semis, de les positionner proche d’une fenêtre reste l’option la moins onéreuse. L’important est de s’assurer que tous les plants disposent du même niveau d'ensoleillement.

En revanche, pour ceux qui souhaiteraient investir davantage et garantir de meilleur résultat, le plus facile reste d'utiliser une serre parce qu’il y a du soleil partout et ainsi éviter que les semis disposer sur les bords ne s'étirent afin de prendre plus de lumière. 

Une serre chauffée dépassant les milliers de dollars, Eva Rehak reconnaît que ce n’est pas pour tout le monde et propose un compromis: s'équiper d’une lampe LED de croissance à DEL. 

Si vous optez pour une lampe de croissance, gare à son positionnement qui a aussi son rôle à jouer si vous souhaitez obtenir de bon résultat. La lampe doit en effet être ni trop proche ni trop éloignée de la plante. « Si [ces dernières] sont trop basses, elles peuvent brûler les plantules, mais si elles sont trop hautes, ça risque aussi de les étirer. »

 
 
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Quand commencer?

Il n’est jamais trop tard pour préparer ses semis. Eva Rehak nous indique en fait que tout dépend de la période à laquelle on prévoit de planter.

Celle-ci nous mène à travers du processus de plantation d’avril à juin, pour bien suivre les dates de dernier gel :

« On essaie [de planter] le plus tôt possible, fin avril on va peut-être mettre des carottes déjà dans le sol. On va aussi mettre une bâche flottante (“row covers”), le plus tôt qu’il y a plus de neige et qu’on peut entrer avec notre petit tracteur. On sème [aussi] les pois, les radis, fin avril. Après ça au mois de mai, ce sont les oignons, les poireaux, les brocolis et les choux. Début juin c’est là où on commence avec nos tomates, nos melons, etc. à partir de juin. »

Tous les fermiers ont leur horaire et leur façon de faire, qui n’est nécessairement pas la même que pour un jardinier à petite échelle.

L’autre alternative reste d’acheter ses semis pré-plantés. Les avantages d’acheter localement incluent une réduction des temps de transport, une adaptivité à notre climat, un soutien à l’économie locale, mais aussi un échange avec le fermier qui pourra sûrement vous éclairer sur les prochaines étapes à suivre.

Les semis pourront aussi être achetés chez Alva et d’autres fermiers dans les prochains mois. 

Avec la venue du printemps, bonne saison 2021!